1972.
Maurice Tremblay a vingt ans. Il rêve d’une manière de gloire en montant à Montréal, de Bonaventure en Gaspésie. Il travaillera, dit-il, à l’Arèna de Montréal, la Mecque du hockey.
La gloire qu’il espère devra être suffisante pour impressionner Julie Ste-Marie, la petite sœur devenue grande de son meilleur ami. Mais la vie fait les choses à sa propre manière. Pour le reste, les jours de Maurice sont très occupés.
Chien vivant est le premier roman de Marc F. Gélinas. La chronique douce-amère d’un amour impossible, guéri par l’intervention d’une sorcière bénévole envoyée par un ami; c’est aussi le conte des habitants d’une maison qui pond des cailloux et avec un train qui passe au milieu du salon. L’histoire d’une grande amitié, belle, cahoteuse et… intéressée.
La citation de l’Ecclésiaste en exergue du roman parle de chien vivant et de lion mort. Elle souligne les avantages, considérables – à nos yeux, du moins - de l’état du premier sur le second. Elle oublie cependant la situation de chiens qui rêvent d’être à la fois lions et… vivants, comme le font Maurice-Rocket Tremblay, Réjean Pic Picasso Thériault, Théo, Pio, Jeanne, Fanfan, Flo et les autres.
Maurice-Rocket et Marc F. Gélinas se sont tournés autour pendant au moins dix ans avant la publication du roman. Farouches, il leur a fallu la moitié de ce temps pour s’apprivoiser avant que l’auteur ne se mette à écrire. Il a commencé l’histoire pour vrai en 94 en croyant qu’elle ferait quarante pages. Une année et trois cents soixante et quatorze pages plus loin, il a suspendu le projet pour scénariser une série pour la télévision. Il l’a repris en 98. Il venait de subir un accident. Sa vie n’était pas en danger. Il s’est pourtant mis à craindre de mourir avant d’avoir terminé. Cela bouleversait ses plans, comme s’il craignait d’avoir l’air fou à son enterrement.
Autre considération. Dans Chien vivant l’auteur utilise une écriture baroque, foisonnante, enjouée, souvent apparentée au réalisme magique sud-américain additionné d’une touche d’ironie. Le registre va du terre à terre, au fantastique, au sublime. Ce sont des risques calculés.
« Quel plaisir quand même que d’écrire, dit l’auteur,quel rude plaisir. Quelle bénédiction aussi d’avoir déniché un directeur littéraire comme Jean-Yves Soucy chez VLB éditeur. Un homme qui savait ce qu’il voulait. Ferme, tout en demeurant infiniment respectueux. Une autre bénédiction qui venait avec Jean-Yves, celle d’avoir Carole Hébert comme réviseure. Merci.»
Tout ceci pour vous souhaiter autant de plaisir à lire Chien vivant que l’auteur en a eu à l’écrire. Mais ne tardez pas trop, vous pourriez vous mettre à craindre de mourir avant d’avoir terminé.
